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Alfarrobeira, 1449 : ce qu'un thème dit d'une mort contestée

Les chroniques médiévales notent parfois une naissance à l'heure près. Quand elles le font, elles remettent à l'historien de l'astrologie une chose rare : un thème dressé pour une vie documentée, établi d'après une source qui n'avait aucun intérêt astrologique au résultat.

C'est le cas de l'infant portugais Dom Pedro, duc de Coimbra — second fils du roi João I et de Philippa de Lancastre, né à Lisbonne en décembre 1392, une heure après minuit, selon la chronique de Fernão Lopes. Il mourut à Alfarrobeira le 20 mai 1449, et les circonstances de sa mort sont contestées depuis le jour même.

Lire la chronique en regard du thème

L'exercice intéressant n'est pas de prédire ce que l'on sait déjà. Il consiste à confronter au thème les descriptions physiques et morales du chroniqueur, et à voir jusqu'où va la correspondance — car le chroniqueur n'écrivait pas pour plaire à un astrologue.

Un Saturne en dignité dans la première maison est un point de départ raisonnable pour un homme que les chroniques disent réservé, courtois et studieux, le visage long et les cheveux rudes. Saturne fort par exaltation et par triplicité donne la courtoisie ; Saturne en première maison donne la réserve ; et la description physique suit ce que la tradition dit de l'apparence saturnienne de plus près que le hasard ne l'expliquerait.

La Lune à l'Ascendant en Balance, maîtresse du Milieu du Ciel, convient à un homme connu pour sa souplesse, son habileté politique et ses longs voyages — il vit Londres, Bruges, Venise, Rome, la Hongrie et l'Espagne, et on le surnommait le prince des sept parties du monde. Un maître de neuvième en troisième maison, aspectant à la fois l'Ascendant et la Lune, est la signature traditionnelle d'une vie de voyages, courts comme longs.

C'est là l'usage honnête d'un thème historique : non pas démontrer que l'astrologie fonctionne, mais voir si une technique appliquée sans connaître d'avance la description la restitue. Parfois elle y parvient. Là où elle échoue, cela mérite aussi d'être consigné.

Des ennemis, et une régence

Dom Pedro n'était pas né pour régner. Il devint régent pour son neveu après la mort de son frère aîné, emporté par la peste, tint la régence dix ans et la perdit au profit d'une faction de cour qui travaillait contre lui depuis des années.

Ce que le thème en dit est d'une lisibilité peu commune. Un Mercure débilité, maître de la douzième, décrit des ennemis cachés habiles, chicaniers et déloyaux — des ennemis qui agissent par la rumeur et l'intrigue plutôt que par la force. Un Mars débilité, maître de la septième et conjoint à la dixième, décrit des adversaires déclarés, rancuniers et agressifs, et place le conflit sous les yeux de tous. La Lune, maîtresse du Milieu du Ciel, reçoit le carré de l'un des maléfiques et la conjonction de l'autre, et toutes ces planètes sont angulaires : en termes traditionnels, rien de tout cela ne pouvait rester discret.

Il y a ici un point technique intéressant. La Lune n'est pas assiégée, quoiqu'elle paraisse devoir l'être : l'assiègement demande une séparation d'un maléfique et une application à l'autre sans rien qui s'interpose, et ici Mercure s'interpose. Mais Mercure maîtrise la douzième. La planète interposée est elle-même un ennemi — un soulagement dans la forme et non dans le fond, ce que l'histoire consigne exactement.

La mort contestée

Dom Pedro mourut à Alfarrobeira d'une seule flèche au cœur. Son corps ne portait aucune autre blessure ni aucune trace de combat, ce qui, pour un homme de cinquante-sept ans dirigeant la bataille depuis l'arrière de son escorte, ne ressemble pas à une mort ordinaire sur un champ de bataille. Le chroniqueur dit sans détour que l'archer était fort connu, très habile, et choisi pour hâter sa mort. En termes modernes : un tireur d'élite.

Les témoignages natals d'une fin violente sont réunis — une même planète maîtresse de l'Ascendant et de la huitième, ce que la tradition lit comme la part du natif dans sa propre perte ; cette planète combuste, cadente, et opposée à Mars depuis un signe qui gouverne la poitrine.

La révolution solaire de l'année les répète tous : la Lune de nouveau à l'Ascendant et de nouveau affligée par les deux maléfiques ; le maître de l'Ascendant de la révolution combuste en huitième ; le maître des alliés pérégrin et cadent, maîtrisant aussi les maisons des adversaires et de la mort, de sorte qu'alliés et ennemis partagent un même significateur ; le maître des ennemis cachés angulaire en dixième.

Ce que cela établit, et ce que cela n'établit pas

Cela n'établit rien sur l'identité de l'archer, et ne l'aurait jamais pu. Ce que cela montre, en revanche, c'est la prétention réelle de la tradition : un thème décrit le caractère d'un événement — ici une mort de main d'homme, à distance, ménagée par des ennemis cachés et puissants — et il le fait d'une manière qui se laisse confronter à un témoignage indépendant.

Toute la valeur de l'exercice tient dans cette confrontation. Un thème lu après coup se plie à n'importe quoi ; un thème dont on énumère d'abord les témoignages, pour les vérifier ensuite sur une chronique écrite par quelqu'un qui ne s'intéressait pas à l'astrologie, fait tout autre chose.

Un cycle plus vaste

Alfarrobeira marque aussi une charnière, du point de vue mondial. Les conjonctions Jupiter–Saturne quittaient les signes d'air pour les signes d'eau, et celle qui précéda la bataille tomba en juillet 1444 à neuf degrés du Cancer — sur le Milieu du Ciel de Dom Pedro. Le conflit lui-même opposait deux idées du gouvernement, la féodale et la centralisatrice, et le XVe siècle allait trancher. La technique mondiale n'explique pas la mort d'un homme. Elle la situe.

Nos projets de recherche réunissent des données de naissance de ce genre, tirées des chroniques et des archives portugaises, avec la source consignée dans chaque cas.